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Existe-t-il une "une bosse des langues" ? Tout semble indiquer que oui. Et pourtant, plus que nos gènes, c'est notre enfance qui détermine notre aptitude.

Tel est le sujet traité du 'Courrier cadres' de ce mois de mai 2010 en voici quelques extraits :

(...) "Le don pour les langues est complètement dissocié du quotient intellectuel, tranche Christophe Pallier, chargé de recherche en neur-imagerie du langage au CNRS. Certains individus ont un QI faible mais un niveau en langue très évolué." Visiblement, l'apprentissage logique évolué par le QI et les dons pour les langue ne relèvent pas des mêmes processus congnitifs.

Et ce qui est le plus suprenant, c'est que ces différences de niveau commencent très tôt, avant même la naissance d'un individu. 'On sait depuis les années 1970 que le processus d'apprentissage commence dès la vie intra-utérine", poursuit Christophe Pallier.

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Le bébé possède une oreille universelle

 

 

En 2009, les scientifiques de l'institut Max-Planck de Lepzig ont étudié les cris de 60 bébés français et allemands âgés de 3 à 5 jours et constaté que ne pleure pas pareil des deux côté du Rhin. Les nouveau-nés crient de l'aigu vers le grave en Allemagne et du grave vers l'aigu en France. "Les différences d'intonations dans les deux langues sont ressenties dans le ventre de la mère et reproduites plus tard", en déduisent les scientifiques. L'identification des phonèmes (l'élément sonore distinct le plus petit au sein d'un mot) propres à la langue parlée autour du nourrisson débute dès la naissance. POur le mesurer, une tétine électronique relie le bébé à un ordinateur et permet de mesure les variations de vitesse de succion du sujet. "Lorsqu'on soumet un nourrisson à un nouveau phonème, sa succion s'intensifie, signe d'un accroissement de sa vigilance. Puis le rythme ralentit, même si le son perdure, car il s'y est accountumé. Mais si on le soumet à un nouveau phonème, même très proche, par exemple un "b" après un "p", la vitesse augmente instantanément", explique le psycholinguisite Gilbert Dalgalian. Conclusion? Le bébé possède à sa naissance une oreille universelle qui lui permet de distinguer tous les phonèmes de la planète, mais peu à peu, il se forme une oreille ethnique en filtrant les sons absents de sa langue maternelle.

Ainsi, un enfant né dans une famille arabophone eprdra la capacité de distinguer le "p" du "b" et appellera son père "baba". En d'autres termes, si vous étiez né de l'autre côté de la Manche, vous n'auriez absolument aucune difficulté à prononcer le 'th' anglais, alros qu'aujourd'hui vous avez perdu cette faculté, faute d'environnement anglophone.

Maintenant, intéressons-nous aux mots et non plus seulement aux sons...que se passe-t-il dans la tête d'un jeune enfant qui entend les conversations des adultes? Poussé par le besoin de communiquer, il écoute, babille, se trompe puis finit par répéter correctement. Quant aux mots, il les stocke dans l'aire de Wernicke (lobe temporal) et leur assigne des événements visuels, sonores ou somatosensoriels.

Parallèlement, l'exposition répétée à l'organisation des mots en phrases permet au bébé de construire et développer l'aire de Broca, siège des activités de réflexion, analyse et conceptualisation. Ce stockage des connaissances fait appel à la mémoire procédurale, celle-là même qui est impliquée dans l'acquisition d'habiletés comme marcher ou s'habiller. peu à peu, la langue maternelle devient automatique, sans que l'on prenne conscience des règles qui seront ultérieurement formalisées à l'école. Un enfant exposé à un milieu familial bilingue connaîtra une construction différente. Dans un premier temps, il développe dans son aire de Broca une zone centrale et deux sous-aires distinctes pour les acquis propres à chaque langue. Puis lorsque l'enfant maîtrise parfaitement les deux langues, les deux sous-aires fusionnent.

A présent, que se passe-t-il lors que l'on apprend une langue après l'âge de 7 ans, période au-delà de laquelle l'état de grâce phonétique est révolu et notre envie de communication satisfaite ?

A l'acquisition spontanée dans le cocon familial se substitue un effort conscient de mémorisation du vocabulaire et des règles. (...) "Lorsqu'on apprend une langue étrangère, on s'appuie sur des réseaux de référence de la langue maternelle. On sait ce qu'est une table, une voiture parce qu'on les visualiser", rappelle Peter Griggs, maître de conférences en anglais à l'IUFM de Lyon et auteur de l'Apprentissage d'une langue : congnition et interaction (Editions l'Harmattan, 2005).

Il faut donc mobiliser des réseaux neuronaux distincts et s'appuyer sur les mécanismes de notre propre langue pour développer des stratégies d'appropriation de cette nouvelle grammaire et de sa syntaxe. Alors une seconde aire de Broca se construit au fur et à mesure des progrès réalisés.

L'empathie avec la culture étrangère

Cet apprentissage, plus analytique, fait appel à ma méoire déclarative. La mémoire procédurale sera mobilisée par la suite pour automatiser l'usage du nouvel idiome. "Les allers-retours entre les deux langues sont plus ou moins positifs, poursuit Gilbert Dalgalian. D'où l'avantage considérable d'un bilingue précoce qui a un stock de phonèmes bien plus large et des références lexicales et syntaxiques plus variées." Mais comment expliquer les différences de niveau entre monolingues? "Là encore, poursuit le psycholinguiste, l'environnement familial compte. Si les parents corrigent les fautes de syntaxe et utilisent un vocabulaire riche, l'enfant développer de meilleures aptitutes. Le don des langues n'est pas inné mais un acquis précoce."

(...)

-- Ophélie Colas des Francs

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